Place Marie-France Bouquet
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Entre Marne et Blaise



par Marie-Florence Massias



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---------Régulièrement l’eau de la Blaise et de la Marne font des incursions plus ou moins remarquées dans les rues du village. La rumeur dit bien, que Paris "mijoterait" une solution radicale au problème, mais les récalcitrants font confiance à la glaise de leur terre pour embourber à jamais le premier engin qui se présenterait.
---------Ainsi va la vie d’un petit village de France autour de son église.
---------Quand en septembre 1939, éclate la Seconde Guerre Mondiale.
---------Pas de "front" cette fois-ci. La France est envahie. Les habitants du village affolés, quittent leurs maisons, emportant ce qu’ils peuvent. En groupe, ou en famille, ils fuient vers le sud, empruntant à pied, en charrette, en vélo, en voiture, en camion pour les ouvriers de la laiterie, la route qui va vers Montier ou celle de Châtillon-sur-Broué. Les haltes se font au hasard des hébergements dans les fermes… Et puis, brusquement, il faut rebrousser chemin, soit sur l’ordre des Allemands qui entendent garder la libre circulation sur les routes, soit sur des "On dit…..",car il n’y a aucune source d’information. Tous les exodes se ressemblent. Il suffit de voir à la télévision, ceux dramatiquement nombreux qui touchent encore l’Europe.
Quand les gens rentrent, ils découvrent avec horreur, que le centre du village a été incendié. Plus de Pavillon de l’Horloge, plus de maisons aux alentours. Des ruines calcinées. Les pillages ont été nombreux…..Les cochons de la laiterie vadrouillent…..
---------A 18 km d’Arrigny au nord, Vitry-le-François, importante plaque ferroviaire, est bombardé. Les victimes civiles sont nombreuses.
---------Petit à petit, va falloir apprendre à vivre sous l’occupation, des années de guerre où tout manque, où le troc et les tickets de rationnement ont fait leur apparition.
---------La mairie est installée provisoirement dans la salle de garderie des petits, rue des Couturiers, avant de regagner, plus tard, le bâtiment sur la place, Seul vestige du passé, l’horloge installée sur le toit, rappelle qu’il y eut un jour, une coquette mairie de l’autre côté de la place. On entend régulièrement la batterie de D.C.A., située sur la grande côte. Les prisonniers de guerre sont nombreux…..et l’attente …..encore… Jusqu’en mai 45. Victoires et …..larmes.
---------Un demi-siècle de paix, pour la première, fois, pour des terres qui ont tant souffert ! Pourtant, notre région, va connaître un bouleversement, à tous les sens du terme. L’eau, de la Marne et de la Blaise, trop souvent dévastatrice au cours des siècles, va se transformer en eau salvatrice pour l’avenir, avec le LAC DU DER-CHANTECOQ.
---------Depuis le début des années 1900, des ingénieurs parisiens avaient envisagé "d’emprisonner" les eaux excédentaires de la. Marne qui gonflaient trop souvent la Seine. La crue de 1910 conforte cette thèse. Et puis, l’agglomération parisienne a des besoins en eau potable qui vont croissant.
---------En 1938, à titre expérimental, le"Réservoir de Champaubert", noyant 400 ha de forêts, est créé, pour régulariser le cours de la Blaise. Des bûcherons canadiens, chargés de couper les arbres, scient des troncs à hauteur de ceinture pour ne pas avoir à se baisser !
Mais pour endiguer l’eau de la Marne, il faudra noyer 4800 ha et surtout trois villages et leurs fermes. Ce projet paraît trop gigantesque, irréalisable, et pourtant…..Chantecoq, Champaubert-aux-Bois et Nuisement-aux-Bois, disparaissent dans des Larmes de chagrin, de colère, et dans l’eau du lac, malgré un comité de défense créé en 1952 par les habitants.
---------L’ordonnance détaillant ce que seront les travaux, paraît en 1967, sur onze pages du quotidien "L’Union". Les travaux débutent en 1969 et la mise en eau se fait en 1974.

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